Le désir.
Le désir c'est l'inclination qui nous pousse à rechercher un "objet" particulier.
Platon le définit comme le regret de la nature première de l'être humain au moment où il voit le Monde Intelligible des Idées et avant sa séparation.
Pour lui c'est l'expression d'un manque né du regret d'un monde révolu.
L'étymologie latine est très "parlante" parce que "desiderare" signifie "regretter l'absence d'un astre". (Autrefois, on attendait l'astre (sidus) dans le ciel pour être certain que c'était une bonne augure)
Le caractère problématique du désir tient essentiellement à sa dimension inextinguible et à l'opacité de ses causes.
Descartes écrivait :
"Vaincre ses désirs plutôt que l'ordre du Monde."
Les humains désirent toujours le Bien, mais ils ne le trouve pas.... sur cette Terre et c'est pour cette raison qu'ils "multiplient" les rencontres... pour satisfaire leur désir, mais ils sont perpétuellement tourmentés par de nouveaux désirs... (Alcibiade - Le tonneau des Danaïdes)
En effet, le propre du désir est paradoxalement... de ne pas trouver de satisfaction puisqu'une fois qu'il est assouvi, l'humain se tourne inlassablement vers un autre "objet".
Si nous avons conscience de nos désirs, il paraît bien plus difficile de savoir exactement pourquoi nous désirons tel ou tel "objet".
Désirer, c'est toujours (et déjà) s'attendre à regretter, à éprouver de la nostalgie pour un "objet" que l'on cherche perpétuellement parce que celui qu'on trouve n'est jamais véritablement celui qu'on pensait avoir identifié.
Les objets de nos désirs sont souvent des leurres dont la jouissance ne fait que révéler un manque encore plus grand.
Epicure a revalorisé le désir en faisant la distinction entre les "désirs naturels" et les "désirs nécessaires".
Hobbes disait que l'être humain est caractérisé par son désir, désir de conserver, désir d'accumuler des biens plus que la nécessité le demande et aussi le désir de se distinguer dans l'espoir vain d'une gloire éphémère.
Pour Hegel :
"La conscience de l'homme et dans son principe de désir, désir de produire, de consommer, de nier...."
"Le monde est produit par le désir qui transforme notre nature.
Il est perçu comme une imperfection, mais il est l'essence même de l'humain."
Seuls, les désirs naturels peuvent apporter un réel plaisir et c'est seulement une maîtrise de soi qui permet d'assouvir les désirs nécessaires tout en refoulant les vains désirs naturels.
Le désir se distingue du besoin.
Le désir ne comble pas et ne se porte pas sur des choses forcément nécessaires, au contraire le besoin peut être satisfait momentanément parce qu'il implique la forme de consommation liée à des exigences naturelles de la vie quotidienne.
Le désir est maîtrisable parce qu'il ne dépend pas d'une fatalité et peut être stoppé par la raison et la volonté.
L'humain est une "étude de désir" parce qu'il manque toujours de "l'AUTRE" , c'est un être incomplet, il ignore ce qui lui manque parce que le désir est aveugle et insatiable.