Les Grandes Compagnies.
Des bandes de "routiers", un fléau endémique.
Après la Guerre de Cent Ans et la Peste Noire, un nouveau fléau est arrivé...
Les Grandes Compagnies...
Les Routiers.
Le terme de "routier" vient de l'ancien français "rout" = "rompu" et il servait à désigner une petite (ou une grande) troupe, une bande de mercenaires qui a su profiter habilement des faiblesses du pouvoir.
Ces mercenaires libérés de toutes charges militaires ont refusé de se disperser et de revenir vers la société, trouvant minable la vie qui les attendait.
Ils ont préféré continuer à faire la guerre pour leur propre compte.
Ils ne respectaient rien, ils pillaient et rançonnaient tout ce qui se présentait !
Ces routiers (pas sympas ceux-là) avaient des noms qui indiquaient leur origine, c'étaient les Brabançons, les Catalans, les Basques, les Aragonais, les Navarrais....
Ils avaient d'étranges surnoms comme "Paillers" à cause d'un brin de paille à leur couvre-chef ou encore "Cotereaux" (je n'en connais pas l'origine)
Ces Grandes Compagnies composées de routiers venus d'horizons multiples avaient dans leurs groupes des nobles et surtout des "bâtards de nobles" les chroniqueurs de l'époque se faisaient une joie de les "dénoncer" !
Le capitaine le Bascot était surnommé "le Bâtard de Mauléon", il avait gagné ses éperons à la bataille de Poitiers, il a rejoint une Grande Compagnie après la bataille de Brignais.
Il y avait des noms qui terrorisaient tout le monde dès qu'ils étaient prononcés comme "Croquant" qui s'était incroyablement enrichi et qui possédait beaucoup de chevaux.
Le Roi de France lui avait propsé de devenir Chevalier, mais il a refusé.
On trouve aussi Mérigot Marchès si bien raconté par Froissart.
(Mérigot Marchès un chef de bande passé chez les anglais)
Il y avait encore, Arnaud de Cervole (surnommé l'archiprêtre) Hugh Caveley, Bernardon de la Salle, Bétucat d'Albret...
(il y en a bien d'autres...)
Il y a eu beaucoup de chefs de bandes qui sont restés très célèbres et ils se jouaient des ordonnances royales et des sévères connétables, personne ne pouvait arrêter les pillages, les incendies, les destructions de toutes sortes, les viols et les meurtres surtout à l'époque des Ecorcheurs et leurs successeurs les Retondeurs (appelés ainsi parce qu'ils retondaient tout ce que les premiers avaient laissé)
Certains s'en sont "bien sortis", comme Bertrand du Guesclin qui serait peut-être resté à la tête de sa bande si le Roi Charles V ne l'avait pas remarqué !
Le Roi lui a donné de l'argent, pour qu'il réunisse les compagnies de Normandie et de Bourgogne et pour qu'il les emmène en Espagne pensant "nettoyer" de cette façon le Royaume de France, mais ces routiers sont très rapidement revenus et ils ont recommencé leurs méfaits, remontant jusqu'à la Loire.
Plus tard, Bertrand du Guesclin réunit les Compagnies du Languedoc et d'Auvergne pour une nouvelle expédition au-delà des Pyrénées.
L'année suivante, la France et l'Angleterre étaient en guerre et les Compagnies ont trouvé facilement des employeurs.
Et après le Traité de Brétigny, de nouvelles Compagnies se forment, les Tard-Venus (venus après les autres).
Ils arrivaient au nombre impressionnant de 15 000 hommes sous le commandement de Seguin de Badefol (Seigneur Gascon) ils ont tout dévasté de la Bourgogne au Languedoc.
Toujours après le même Traité, s'est formée la Compagnie Blanche sous le commandement de John Hawkwood surnommé Acuto, une compagnie terrible et célèbre qui a sévi durant une trentaine d'années.
Ces Compagnies avaient des Capitaines reconnus (ou non), mais ce qui leur était reproché en premier c'était de s'attaquer un peu trop souvent aux plus faibles et surtout aux paysans.