(Pitaya ou fruit du dragon - L'écorce est rose, la chair est blanche, douce et sucrée - A priori, il paraît très bizarre - Que penser? Auriez-vous osé le goûter? Pourtant...)
Dans le langage courant, avoir un "a priori" sur quelque chose ou quelqu'un sigifie qu'on juge avant de connaître.
On peut avoir des "a priori" sur un pays sans l'avoir jamais visité, sur une personne qu'on rencontre pour la première fois...
Le sens philosophique est plus précis et plus riche puisque cette expression signifie littéralemernt "en partant de ce qui est avant" , elle ne se limite pas à l'idée de préjugés.
Cette expression nous amène à chercher dans la connaissance ce qui est avant l'expérience, qui la rend possible tout en restant "indépendant".
Le problème n'est pas chronologique :
- Que se passe-t-il avant qu'une expérience nous affecte?
Le problème relève de la logique :
- Qu'est-ce qui fait que nous pouvons tenter une expérience?
Il faut prendre le substantif dans son sens le plus simple: une expérience sensorielle comme voir, toucher, entendre...
Pour connaître il faut commencer par avoir une expérience sensible.
Il nous est impossible de savoir le goût d'un fruit inconnu si nous n'en mangeons jamais.
(Trois photos de fruits bizarres au premier abord et peu connus chez nous -
Quel est leur goût?
Peut-on le savoir sans les goûter?
Leur apparence donne-t-elle un "a priori"?
Peut-on savoir sans l'expérience sensible?
Non! il faut untiliser le "goût".)
Le simple fait d'éprouver ce genre de sensation suppose d'avoir des sens, implique un cadre intellectuel antérieur à l'expérience elle-même pour la conditionner.
Nos organes des sens nous donnent des informations que notre propre entendement permet "a priori" de traiter.
Autrement dit nous avons un cadre mental nécessaire et universel qui structure toute expérience possible.
Kant développe cette théorie dans "Critique de la raison pure" en expliquant que l'espace et le temps sont avec les catégories de l'entendement (quantité, modalité, relation..) ce que nous possédons pour faire connaissance de notre monde et de pouvoir faire des expériences.
Dans cette perspective nous ne connaissons "a priori" des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes et bien que toute sorte de connaissance ne commence qu'avec l'expérience, elle n'en dérive pas intégralement.
Contrairement aux affirmations des empiristes (doctrine philosphique qui affirme que l'ensemble de nos connaissances proviennent intégralement de l'expérience)

(Anone - "Pomme cannelle" - Une apparence écailleuse, mais une chair sucrée et parfumée - Peu tentant! seule méthode, goûter pour chasser les "a priori")